Écrit par Édith Maisonneuve
Au cours des cinq dernières années, le Club Nature Aventure a émergé, d’abord comme un petit projet entre ami·e·s désireux·euses d’offrir aux jeunes un lieu d’apprentissage riche et profondément connecté à la nature. Depuis, notre organisme a bien grandi et, tout au long de ce processus, les membres fondateurs ont pris soin de documenter et de structurer nos pratiques, tant pour assurer la qualité de nos services que pour contribuer à l’enrichissement des connaissances liées à la pédagogie des écoles de la nature.
Une partie importante de ce développement a consisté à décortiquer les différentes postures que peut adopter un·e facilitateur·trice. Mais avant d’entrer au cœur du sujet, il importe de clarifier ce qu’est un·e facilitateur·trice. Pourquoi utiliser ce terme plutôt qu’enseignant·e ou éducateur·trice?
La différence de terminologie n’est pas qu’un simple choix de mots : elle traduit une différence fondamentale de rôle et d’intention pédagogique. Dans la pédagogie des écoles de la nature — une approche éducative centrée sur le jeu libre, l’exploration, l’apprentissage émergent et la connexion profonde à la nature — l’adulte responsable du groupe porte le titre de facilitateur·trice.
Contrairement aux termes enseignant·e ou éducateur·trice, ce titre reflète une philosophie pédagogique qui valorise l’accompagnement, l’observation, l’ouverture et la co-construction des apprentissages plutôt que la transmission directe de contenus. Il s’agit d’une posture d’accompagnement plutôt que d’autorité pédagogique.
Au Club Nature Aventure, nos facilitateur·trice·s accompagnent les jeunes dans leurs apprentissages plutôt que de leur enseigner un contenu prédéterminé par un curriculum. Ils et elles soutiennent le jeu, nourrissent les apprentissages émergents, observent et co-créent l’expérience éducative. Voici les cinq postures qui permettent d’atteindre ces objectifs.
Posture d’animateur·trice
Le·la facilitateur·trice adopte une position de leadership afin de proposer et d’animer une activité, qu’elle soit planifiée ou spontanée, en lien avec une intention pédagogique précise. Cette posture vise à stimuler la participation des enfants et à soutenir le développement de compétences ciblées, tout en nourrissant leur engagement dans le jeu.
Posture de co-joueur·euse
Dans cette posture, l’adulte participe au jeu au même niveau que les enfants, en respectant leurs règles et en suivant leur initiative. L’objectif est de créer un lien de confiance et de complicité, tout en enrichissant le jeu sans en prendre le contrôle.
Posture de metteur·euse en scène
Le·la facilitateur·trice prépare intentionnellement l’environnement de jeu en mettant à disposition du matériel, des espaces et des opportunités stimulantes. Une fois le cadre en place, il·elle se retire afin de laisser les enfants jouer librement et développer leur autonomie.
Posture d’observateur·trice
L’adulte adopte une posture de retrait et observe attentivement le jeu des enfants sans intervenir directement. Cette observation permet de mieux comprendre leurs intérêts, leurs besoins et les dynamiques relationnelles, afin d’ajuster les interventions présentes ou futures.
Posture de gardien·ne du respect
Le·la facilitateur·trice veille au bien-être et à la sécurité des enfants, ainsi qu’au respect de l’environnement, en rappelant les règles du vivre-ensemble. Il·elle intervient de manière bienveillante lorsque certains comportements mettent en danger les personnes ou le milieu naturel.
Ces postures ne sont ni fixes ni hiérarchiques. Un·e facilitateur·trice navigue constamment entre elles, parfois au fil d’une même séance, en fonction des besoins du groupe, des dynamiques relationnelles, du contexte et de ce que l’environnement propose. Cette capacité d’adaptation et de lecture fine du moment présent est au cœur de la pédagogie des écoles de la nature : elle permet d’offrir un accompagnement vivant, sensible et respectueux du rythme de chacun·e.
Finalement, il est important de comprendre que les facilitateur·trice·s sont eux et elles aussi en apprentissage constant — guidé·e·s par le groupe, mais avant tout par l’environnement naturel. La nature devient alors notre enseignante : elle nous guide à travers ses paysages, ses saisons, ses textures et ses phénomènes. Le·la facilitateur·trice accompagne l’enfant dans cette relation vivante avec l’environnement, plutôt que d’être l’unique source du savoir.

Si ce sujet vous intéresse davantage, je vous invite à consulter le document global créé par Child and Nature Alliance of Canada, l’organisme national canadien reconnu pour la formation et le soutien aux praticien·nes en Forest and Nature School au Canada.
📄 Forest and Nature School in Canada: A Head, Heart & Hands Guide — https://childnature.ca/wp-content/uploads/2017/10/FSC-Guide-1.pdf?utm_source=chatgpt.com
